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La colère saine : une gardienne de notre individualité.

  • 5 juin
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 juin



La colère est une émotion souvent jugée comme négative, quelque chose que l’on doit cacher, garder en soi, ne pas ressentir comme si nous allions nous brûler et mourir à son contact.


Elle n’est pas un ennemi à fuir et pourtant combien d’entre nous n’ose même pas la ressentir ? Je ne parle même pas d’oser l’extérioriser …


Souvent quand la colère monte en nous, des mots s’élèvent également à l’intérieur de nous « tu n’as pas le droit », « ce n’est pas bien », « tais-toi », « tu vas regretter », « il ne faut pas », « va t’isoler », « arrêtes », « tu vas lui faire du mal » …


Peuvent aussi émerger des images, des scènes de vie, où les autres ou nous-même avons littéralement vomi notre colère à travers des mots blessants, méchants, des insultes, des cris, des gestes, de la violence, des menaces …


La colère est donc dans ce cas-là une grenade, une fois dégoupillée nous cherchons par tous les moyens à remettre la goupille sinon c’est l’explosion assurée.


Ressentir cette colère entraine d’autres émotions : la culpabilité, la honte, le regret …


Nous préférons donc bloquer sa montée.


C’est à cet instant que nous prenons le risque de la retourner contre nous-même.


Et que ce passerait- il si nous regardions la colère comme une clôture, comme un fil électrique qui délimiterait notre propre champ de vie, notre espace vital ?


Comme pour en définir les contours et nous rappeler ce qui est nécessaire et juste pour notre équilibre intérieur, notre épanouissement ?


La colère n’est donc plus une grenade qui explose mais un courant électrique, une décharge interne qui nous traverse pour nous rappeler nos limites et nous signaler que la personne en face touche notre espace vital.


C’est ce qu’on appelle la colère saine, celle qui nous donne notre individualité en lien avec nos valeurs intrinsèques, avec ce qui est juste pour nous, une limite pour le respect et l’amour entre nous et les autres, entre l’intérieur et l’extérieur.


Elle dit « je suis différent.e de toi et j’ai besoin que tu respectes cette différence, cette limite, celle qui fait qui je suis, mon individualité et mon unicité, qui me donne ma valeur »


Elle devient donc une limite saine et protectrice qui permet de laisser libre l’individualité de chacun.e.


La colère est donc l’émotion qui nous permet de voir en nous et de montrer à l’autre cet espace qui est le nôtre, un espace différent du sien et qu’à cet instant nous ne nous sentons pas respecté.e dans ce que nous sommes ou que nous ne nous respectons pas nous-mêmes dans nos valeurs et notre intégrité.


La colère devient donc une clé, une gardienne de notre souveraineté, c’est notre autorité suprême.


C’est un cadeau pour mieux nous connaître et nous respecter profondément.


Elle fait de nous des individus libres d’être et d’agir, capables de poser des limites saines dans nos relations (à nous-même et aux autres) et de briller notre unicité et notre valeur à l’intérieur comme à l’extérieur.


Arrêtons de renier notre colère, c'est une émotion nécessaire.


Apprenons chaque jour à accueillir cette émotion, juste lui faire de la place, venir nous interroger sur ce qu'elle vient nous dire, nous montrer sans nous juger.


Laissons venir ce qui est là avec curiosité.


Avec tout mon cœur,

Marion

 
 
 

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