Un couple sain : deux personnes responsables de leur propre carburant
- 9 mai
- 3 min de lecture

Ça ne nous viendrait pas à l’idée de mettre de l’essence dans une voiture diesel ou l’inverse et pourtant dans combien de nos relations faisons-nous ça ? Ou nous autorisons l’autre à le faire ?
Inconsciemment nous ressentons que nous avons deux types de moteur mais nous continuons à vouloir mélanger les carburants car nous pensons que nous devons avoir le même pour que la relation fonctionne.
Plus nous mélangeons les carburants, plus les incompréhensions augmentent, ainsi que nos attentes réciproques qui vont de désillusion en désillusion souvent jusqu’à l’accident ou la panne sèche.
Nous nous disons que l’autre va comprendre, va changer de carburant pour nous ou que l’autre va nous aimer pleinement si nous changeons de carburant pour lui plaire mais nous nous mentons à nous-même.
L’égo adore nourrir ce genre de pensées …
Personne ne doit changer de carburant pour une autre personne.
De quoi avons-nous peur en restant dans ce type de relation au lieu de libérer le lien et de prendre la pleine responsabilité de notre propre véhicule ?
D’être en panne si l’autre n’est plus là ? D’avoir deux routes différentes s’ii ne roule pas avec le même carburant ? D’être seul.e sur le bord de la route sans plus savoir conduire sa propre voiture ?
Pourtant quand nous forçons (nous même ou l’autre) à changer de carburant et/ou à les mélanger c’est exactement ce qui se passe, nous finissons par nous sentir seul.e et incompris.e dans la relation.
Beaucoup de nos fonctionnements dans le couple viennent de notre enfance, de nos traumas dans le lien d’attachement à nos parents.
Petit.e nous n’avions pas le choix de vouloir changer notre carburant pour nos parents, le système nerveux d’un enfant se corégule avec le système nerveux de l’adulte.
Pour sa propre survie, l’enfant n’a pas le choix que de s’adapter.
C’est donc notre part d’enfant intérieur qui dans le couple se sur-adapte ou demande à l’autre de s’adapter, de fusionner, pour le système nerveux, l’enjeu est le même, survivre, le besoin d’être aimé et reconnu persiste (car la blessure n’est pas cicatrisée) et surtout tout faire pour ne surtout pas être abandonné.e ou rejeté.e.
Sauf que nous sommes désormais des adultes et aujourd’hui nous pouvons choisir, en conscience d’accepter que nos moteurs soient différents et que chacun à son carburant.
Nous ne sommes pas obligés de tout mélanger, de fusionner pour être en relation.
Chacun est alors responsable de son véhicule de vie et de son carburant, lui seul sait ce qui est bon et juste pour lui.
Notre part d’adulte peut apprendre à prendre soin de notre part d’enfant intérieur blessé, il en va de notre pleine responsabilité.
Ce n’est pas à l’autre personne de prendre soin de cette part de nous mais bel et bien à nous-même.
Il nous est donc nécessaire d’apprendre à nous réparer, à panser nos propres blessures, à libérer nos traumas, apprendre à nous connaître, à nous aimer, à libérer nos émotions bloquées, construire notre propre véhicule comme il nous plaira, choisir son carburant et ensuite s’investir dans la relation en respectant nos limites et celles de l’autre personne.
C’est seulement à partir de cet espace de bienveillance, de plénitude, de complétude que la relation sera saine et constructive.
Le couple n’est pas un long fleuve tranquille, il y aura des tempêtes, des mirages mais aussi des balades en mer et des fous rires mais chacun de nous saura prendre soin de lui-même, de son carburant, de son système nerveux et la relation sera libérée de ce fardeau qui ne lui appartient pas.
Rappelons-nous que pour le couple, 1+1=3 le 3 étant la relation, la troisième voiture mais chacun doit rester responsable de son propre véhicule et de son carburant.
Accordons nous du temps, soyons doux avec nous-même sur notre chemin de vie, à chaque instant, à chaque étape.
Rappelons que nous faisons toujours au mieux avec notre version de l’instant présent.
Et apprenons de chacune de nos relations, ce sont des cadeaux pour tendre vers une version plus juste de nous-même et vers une construction de relation de couple plus saine à l'avenir.
N'oublions pas que nous pouvons nous faire accompagner pour traverser nos espaces de traumas en lien avec notre d'enfance.
Ces espaces méritent que nous soyons pleinement accompagné.e et en sécurité afin d'être traversés, libérés puis transformés profondément.
Marion




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